Hedi YEZZA, EDC Paris Business School

Professeur associé entrepreneuriat et Family Business
Responsable département Stratégie et Management

Chercheur affilié ETI (Entrepreneuriat-Territoire-Innovation) IAE Paris-Sorbonne

Titre de la thèse : La succession dans les entreprises familiales : Le rôle des compétences sociales du successeur


Meilleure thèse et Lauréat Prix de thèse AIREPME (Association internationale de recherche en Entrepreneuriat et PME)

Témoignage de Hedi YEZZA

Comment votre parcours vous a-t-il conduit à mener votre doctorat au sein de la chaire ETI de l’IAE Paris-Sorbonne?

En parallèle de mon Master de recherche en entrepreneuriat, j’ai travaillé dans une entreprise familiale, en tant que gérant adjoint. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à m’intéresser à l’entreprise familiale. Je me suis rendu compte qu’il existait un mode de management propre à l’entreprise familiale. La coexistence de la sphère professionnelle et familiale fait de l’entreprise familiale une forme d’organisation particulière.

 

Suite à ma rencontre avec Didier Chabaud, qui allait devenir mon Directeur de recherche, mon choix s’est fait naturellement. J’ai fait ma Thèse de doctorat sur la succession dans les entreprises familiales et plus précisément sur le rôle des compétences sociales du successeur.

 

Il existe deux formes d’entrepreneuriat : la création ou la reprise d’entreprise. Dans un contexte familial, cette deuxième forme concerne principalement la succession, c’est-à-dire la passation de l’entreprise d’une génération à une autre. Et c’est sur l’étude de ce moment bien particulier que porte ma thèse dans la chaire ETI à l’ IAE Paris-Sorbonne.

 

Quel est le sujet précis de votre thèse et en quoi s’intègre-t-elle à la stratégie des entreprises familiales ?

D’abord, il est important de signaler l’intersection de trois cercles dans l’entreprise familiale : La propriété ou actionnariat, le volet Business ou affaire (c’est à dire la gestion de l’entreprise) et enfin la famille. Le chef d’entreprise doit savoir gérer ces trois dimensions, ce qui peut parfois l’amener à prendre des décisions plus émotionnelles que rationnelles vu l’implication des membres de la famille dans l’entreprise.

 

Nous avons introduit les compétences sociales au sein des entreprises familiales. Ces compétences permettent d’identifier les non-dits et les signaux non verbaux, pour ensuite les gérer de manière appropriée en respectant le contexte et la structure familiale.

 

Cette nouvelle approche permet ainsi au successeur de gagner la confiance des différentes parties prenantes, de désamorcer les conflits et de manière générale, de mieux gérer l’entreprise et la famille.

De manière synthétique, les résultats de mon travail de recherche démontrent que les compétences sociales ont non seulement un impact positif sur les résultats économiques de l’entreprise, mais aussi sur l’harmonie et l’ambiance familiale.

 

Pourriez-vous nous expliquer en quoi vos travaux de recherche peuvent aujourd’hui aider les entreprises familiales ?

D’un point de vue méthodologique, j’ai mené une étude longitudinale, sur une période de 4 ans, en réalisant des interviews, à intervalles réguliers, auprès d’un panel de dirigeants d’entreprises familiales.


Une relation de confiance s’est créée entre les chefs de ces entreprises familiales et moi-même (chercheur, doctorant) qui nous a permis d’analyser de manière plus précise et plus intime leur quotidien, les enjeux, les éventuels conflits. Ce qui a permis de déterminer les meilleures solutions et d’identifier les leviers décisionnels.


Concrètement, l’apport managérial de ma thèse porte sur l’identification, la formation et la valorisation de la compétence sociale du successeur dans l’entreprise familiale. Dans ses relations avec l’actionnariat et la famille, ce futur dirigeant se dote ainsi d’une approche nouvelle et plus harmonieuse dans la gestion et le développement stratégique de l’entreprise.

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Romain Berrou, chaire Finagri

Doctorant à l’IAE Paris Sorbonne Business School - Chaire FINAGRI

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Camille Henrion, Clus’Ter Jura

Doctorante à l’IAE Paris Sorbonne Business School

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