Juliette Fevre

Chargée de mission, reporter territorial

Réalisatrice et responsable en communication


Témoignage de Juliette Fevre

Quel est votre parcours et comment le qualifiez-vous, plutôt universitaire, ou en relation avec le monde de l'entreprise ?

Suite à des études de Droit, j’ai commencé à travailler à la chaire ETI en Communication et Marketing événementiel. A l’époque, j’étais également auto-entrepreneur en graphique design et communication.
J’accompagnais quelques clients dont une entreprise spécialisée dans le micro-crédit ce qui m’a demandé de partir à Madagascar. J’y ai fait deux voyages très enrichissants au cours desquels j’ai collaboré avec des entrepreneurs locaux soutenus et financés par mon client. C’est à cette occasion que j’ai découvert les travaux du professeur Yunus et le monde du micro-crédit. Le Social Business qui m’était relativement inconnu jusqu’alors a changé ma vision des priorités de notre société.
Après avoir été dans un premier temps Chargée de mission sur les aspects Social Business, j’ai commencé à concevoir ce cahier, « Le social business pour changer le monde » au début de la pandémie. Je venais tout juste de m’installer à Londres pour poursuivre des études en journalisme, avec une spécialisation en Community, qui associe les travaux de recherche et les rencontres sur le terrain.
La chaire ETI travaille beaucoup à valoriser les proximités, valoriser le local. En cela, elle partage la vision du Professeur Yunus qui s’intéresse, non pas aux grandes entreprises, mais aux petites activités, impliquées localement, au plus près des besoins de la population. Cette approche fait également écho au travail de Carlos Moreno sur la ville du quart d’heure.
J’occupe désormais plusieurs rôles au sein de la chaire ETI, et ces missions évoluent régulièrement. Je réalise actuellement des reportages de terrain à l’exemple de cette première vidéo tournée à Frontignan sur un skate-park auto-géré qui a rencontré le soutien de la Mairie suite à notre médiation : https://www.youtube.com/watch?v=rCzY1ZIj1tg
Pourriez-vous nous expliquer en quoi vos travaux de recherche proposent un nouvel éclairage sur les initiatives Social Business un peu partout sur la planète ?
L’écriture du Cahier s’est faite dans le cadre de mon poste de Chargée de mission Social Business. Du fait des contraintes sanitaires liées à la pandémie, il n’y a pas eu de terrain à proprement parler. Mais paradoxalement, cela a facilité les prises de contact et m’a permis de réaliser davantage d’interviews. Grâce au centre Yunus à Paris, j’ai pu avoir accès à Andrea Jung de la Grameen Academy aux États-Unis ou encore Dara Huot au Cambodge.
Ce cahier est constitué de neuf chapitres, dont chaque chapitre s’intéresse à un thème, tel que le Social Business et l’environnement, la santé, le genre…. Dans chaque thème, vous trouvez en premier lieu une note de tendance qui résume la vision du Professeur Yunus sur cette question ou une contextualisation des problématiques sociales, économiques et culturelles.
Ensuite, dans un second volet, nous abordons les solutions possibles avec la description d’un projet clé ou d’une interview témoignage qui raconte le parcours d’une personne parvenue à réaliser un petit miracle dans un lieu pourtant abandonné de tous. C’est avant tout un cahier basé sur l’Humain, un regard croisé entre les protagonistes de ses projets, acteurs et bénéficiaires.

 

Dans quelle mesure selon vous, le Social Business, porté par ses micro initiatives locales est-il en train de changer le monde, et rêvons un peu, l’entreprise de demain ?

La démarche du Social Business pourrait se résumer par : prendre le meilleur du capitalisme, en conciliant différentes aspirations, pour une meilleure prise en compte de l’intérêt collectif.
Partout, les critères de réussite sont en train de changer, et le Social Business propose des alternatives aux nouvelles générations dont les priorités se veulent désormais moins basées sur la réussite personnelle que sur des enjeux plus collectifs, comme réduire son propre impact écologique ou rechercher une vie plus simple, en prise avec son environnement par exemple.
Nous sommes sur le point d’initier un cycle de conférences Social Business avec certains des intervenants que j’ai eu l’occasion d’interviewer pour la rédaction de ce cahier.
Et même s’il est difficile de faire changer les lignes des entreprises dont le but principal reste la création de profit, de plus en plus d’entre elles, challengées en interne par leurs collaborateurs en quête de davantage de sens au quotidien, comprennent progressivement l’intérêt d’inclure le Social Business dans leur modèle d’entreprise.

img-profil

Jean-Luc PERRON

Vice-président du Centre Yunus Paris

img-profil

Romain Berrou, chaire Finagri

Doctorant à l’IAE Paris Sorbonne Business School - Chaire FINAGRI

keyboard_arrow_up